Club de désinformatique
Ce monde là était le notre; nous le saisissons aujourd’hui, voilà tout.
Notre endroit de prédilection est l’interstice.
Au delà, d’un côté comme de l’autre, nous voyons une impasse.
Ni embrasser la modernité ni fantasmer un monde imaginaire ne nous intéresse.
Nous occupons cet espace viscié dont nous ne saisissons les bords : il faudra les tracer, les inventer.
En attendant, les secondes défilent à mesure que nous les comptons.
internet, individualité
Tandis que le pouvoir de la société dans son ensemble paraît infini, l’individu se retrouve dans l’impossibilité de gérer son propre univers.
- Anselm Jappe, Guy Debord
Ce paradoxe a été faussement résolu par le capital via l’intermédiaire d’Internet et du web. La production mondialisé nous a offert en kit la possibilité de créer son monde virtuel et de le façonner comme on l’entend. Puisqu’un monde n’a de sens que lorsqu’il est partagé, les humains virtuels passent leur temps à faire la promotion de leur fantaisie médiocre. À mesure que tout le monde a voulu produire la sienne, rien que la sienne, la concurrence devenait de plus en plus rude. Alors, la qualité de ces mondes a drastiquement chuté ; nous n’avons plus le temps d’interragir avec -- ni de produire -- des fantaisies complexes. Exit les pages et blogs personnels fait mains, bienvenue aux comptes sur les réseaux sociaux et à la marchandisation des rêves. Tout au long de ce processus dégradant nous avons continué de croire que nous partagions réellement quelque chose. Il est temps de se rendre compte : nous n’avons jamais été que des caricatures de nous-mêmes en dépit de la possibilité de nous exprimer et de vivre véritablement.
fétichisme
Quand bien même le « dé » de désinformatique est le même que dans « défaire
», il est bien plus question d’atteindre les rapports sociaux que l’outil
lui-même. Ce qu’il y a d’aliénant dans le monde cybernétisé, ce n’est pas
l’ordinateur en tant que tel, mais le fait que le monde entier soit réduit à
lui. Les relations, les objets, l’art et les passions se dégradent
effectivement dans le processus d’informatisation, à la manière de la
marchandise (et il en découle un fétichisme associé) ; la différence est que
les objets informatisés réalisent leur valeur non pas (que) dans leur vente mais dans leur
consommation, via la production d’information.
nous
Nous nous attachons à produire la critique dont l’informatique n’a jamais fait l’objet que superficiellement. En marge de l’uniformité quantitative dont internet est le haut-lieu, nous voulons vivre pleinement. Nos différentes activités sont la manifestation de ce désir que nous portons collectivement. La critique que nous produisons est la suite logique du constat de la pauvreté de nos vies.
Cette liste est volontairement laissé vide